Le blog de Stéphanie

Bruxelles tu as d’ belles œuvres, tu sais.

Quel plaisir de retrouver l’effervescence du milieu de l’art contemporain ! A peine les expositions estivales balayées par le vent des emails de la rentrée, que nous sommes déjà plongés dans le tourbillon des activités d’art contemporain. Petit tour d’horizon des événements incontournables !

La Belgique et sa capitale sont aux yeux du monde, si petits. Toutefois d’un point de vue artistique, Bruxelles est loin d’être en reste face à ses grandes sœurs qui sont Paris ou Londres.

Le Brussels Gallery weekend vient tout juste d’ouvrir la saison artistique des galeries d’art contemporain, en même temps que la foire Art on Paper, sublime les œuvres sur papier sans oublier évidemment nos confrères flamands et leur vente aux enchères au bénéfice du Museum Dhont Dhaenens. Le premier est à sa 10e édition, le second à sa cinquième année. Ces trois événements sont révélateurs de la volonté des acteurs de montrer leur présence sur le marché. D’ un côté, on est face au constat frappant de la nécessité d’un musée d’avoir recours à des mécènes pour survivre, à celui de galeries qui doivent clamer haut et fort qu’elles ont des choses à dire et qu’elles défendent autant qu’elles le peuvent les artistes, et celui des foires qui de leur côté réunissent leurs forces sur des sujets de plus en plus précis, en l’occurrence les œuvres sur papier.

Mais n’oublions pas un autre art qui est à la fête en septembre. Celui si particulier du Design. Moins mis en avant en tant qu’art singulier, il fait néanmoins partie du décor. Et j’oserais même dire qu’il n’est pas décor mais sublimation.

Si l’on se réfère à sa définition, le design est selon Larousse « une discipline visant à une harmonisation de l’environnement humain, depuis la conception des objets usuels jusqu’à l’urbanisme ». Il est donc entièrement présent dans notre quotidien et  bien souvent de façon subtile (lumières, mobilier…).

Deux productions peuvent le caractériser, une industrielle qui peut pour certains conduire à leur renommée (on pense au monde de Vitra) mais également des productions limitées, où le designer suit toute la chaîne de production et certifie l’œuvre de sa main.

Tout ce mois de septembre, Bruxelles met donc à l’honneur ses designers et ses pièces avec près de 100 événements.

Une nouveauté cette année et pas des moindres, est celle de la présence d’un parcours de design en ville. Une façon intéressante de confronter  le public à ces approches artistiques qui sont des fois si discrètes.

Profitons donc de cette rentrée pour élargir nos intérêts à ceux de tous ces artistes qui grâce à leur art apportent à un autre regard sur le monde.

Bref sortons de chez nous et ouvrons les yeux 😉
Stéphanie Bliard-20.09.2017

Biennale de Venise, vitrine de tendances.

Le prestigieux événement international, la Biennale de Venise va d’ici peu ouvrir sa 57ème édition (et oui déjà! ) dans les jardins du Giardini. Tous les deux ans, pas loin d’une centaine d’artistes viennent représenter fièrement leur pays. Une référence dan le milieu artitstique, malgré les années la Biennale reste encore et toujours aussi convoitée.

La scène de l’art contemporain va donc briller du 13 mai au 26 novembre à Venise. Près de 500.000 visiteurs vont arpenter les rues de la cité des amoureux et 8.000 journalistes commenter les pavillons. Aujourd’hui la Biennale compte environ 17.000 m2 d’espace consacré aux expositions avec des événements collatéraux qui ont lieu dans tous les Sestrières (les six quartiers du centre historique de Venise).

Cette année, les quelques 80 nations participantes mettront à l’honneur leurs plus grands artistes dans leur pavillon respectif et autres espaces d’exposition. Du côté belge, c’est l’artiste plasticien-photographe Dirk Braeckman, curaté par le M Leuven qui mettra à l’honneur notre beau pays. Objectif ? Décrocher l’un des prestigieux Lion d’or ou Lion d’argent, prix parmi les plus convoités en arts visuels.

Pourquoi cet engouement pour la Biennale ?

Le tour d’horizon des plus grandes réalisations artistiques en art contemporain international que propose la Biennale de Venise depuis sa fondation (1895), il y a plus de cent vingt ans, fascine toujours autant.

On constate avec les années que les artistes exposés à la Biennale constituent de véritables figures de proue du marché de l’art. (On pense pour la Belgique en 1999 à Ann Veronica-Janssens et Michel François, en 2001 à Luc Tuymans, pour la France en 1986 à Daniel Buren, en 2011 Christian Boltanski, en 2015 Chiharu Shiota pour le Japon, 2009 à Bruce Nauman pour les Etats-Unis pour n’en citer que quelques-uns).

La Biennale constitue véritablement pour eux et pour leur carrière une vitrine et un tremplin. Le monde entier a ses yeux braqués sur cet événement qui possède certainement l’un des plus beaux cadres, en plein Venise.

Le visiteur n’a plus qu’à faire son marché en prenant les noms des artistes dont on ne cessera de parler et cela encore bien après la manifestation. C’est aussi l’occasion pour le public de prendre conscience des atouts des artistes de leurs pays et de découvrir sous un autre angle la scène internationale de l’art contemporain.

Vous rêvez de découvrir cet événement ? Le Cercle d’Art Contemporain organise une visite au mois d’octobre 😉

Stéphanie Bliard-10.05.2017

Est-ce vraiment la foire?

Le printemps arrive et les foires d’art bourgeonnent tout autour de nous. Rien que pendant ArtBrussels, 4 foires se tiendront en même temps au sein de notre capitale. Phénomène de société ou marqueur de tendance ?

Les premières foires dans l’appellation moderne du terme font leur apparition dans les années soixante et étaient principalement dédiées à l’art ancien, avec par exemple la Biennale des Antiquaires en France. Peu à peu la tendance s’est élargie à l’art contemporain et ArtBrussels a fait partie des premières foires de ce genre nouveau. Fondée en 1968 par « Art Actuel » pensée par un groupe de galeristes belges, la foire s’organisait sur invitation formulée par chaque galeriste envers un homologue étranger. On compte à côté d’elle, ArtBasel au début des années septante, Fiac en 1974. Tefaf, foire d’art ancien qui fait partie des incontournables a été créée en 1988 et possède depuis 2008 une section dédiée à l’art contemporain.

Par réel besoin commercial, les foires permettent aux galeristes d’être en contact direct avec leur clientèle étrangère mais également de pouvoir toucher un nouveau public pas encore acquis invité par d’autres galeries ou tout simplement curieux.

Toutefois il n’est pas donné à toutes les galeries de pouvoir avoir un stand. Pour certaines foires, un stand (booth) de qualité et de taille modeste peut atteindre la somme de 50.000 euros. Inutile de préciser que pour pouvoir entrer dans ses frais il faut pouvoir avoir des œuvres d’un certain prix. Ne parlons même pas des frais connexes (le stockage, les transports, le logement, le personnel présent sur le stand…) qui peuvent vite peser dans la balance de la rentabilité.

Une autre donnée à prendre en compte est simplement celle du dossier de candidature et d’admission aux foires. Des critères de sélection assez stricts peuvent directement donner le ton et offrir l’accès qu’à un certain nombre de galeries officiellement présentes à la foire.

L’ensemble de ces arguments contribuent à encourager la prolifération de foires satellites à la foire principale. Comme le soutien Joanne Huand Chi-Wen de Chi-Wen Gallery à Taiwan interrogée par le webzine ArtRadar . « C’est logique pour les grosses foires d’attirer des foires satellites. Pas toutes les galeries peuvent se permettre de venir à Basel. De plus, les foires satellites constituent toujours un plus- ils créent une atmosphère festive dans la ville et attirent plus de public dans la ville. » Position défendue également par Sidd Perez, curateur associé de la galerie The Drawing Room établie aux Philippines également interrogé par ArtRadar. « Même si le flux des foires peut paraître étouffant, ils proposent différentes spécialisations et programmes. C’est en fin de compte une question de strategie entre différentes plateformes, et c’est une bonne chosee qu’ils y aient autant de possibilités sur le marché. »

Dans une économie culturelle en balance entre les institutions privées soutenues par du mécénat et des institutions publiques en manque de budgets, un engouement culturel dans une ville ne peut que constituer un moteur positif pour celle-ci. Il est donc important de pouvoir coordonner et donner de la visibilité à tous ces acteurs et par conséquent de les unir avec leurs spécificités propres tout en gardant à l’esprit une volonté commune de soutenir et d’encourager/défendre l’art.

Stéphanie Bliard-30.03.2017

Le mécénat culturel en Belgique, pas assez intéressant pour les donateurs ?

Pour éviter toutes confusions commençons par une petite définition. Selon le site « Définition Marketing », « le mécénat est un soutien financier ou matériel apporté par une entreprise ou un particulier à une action ou activité d’intérêt général (culture, recherche, humanitaire…).  Le mécénat se distingue généralement du sponsoring ou parrainage par la nature des actions soutenues et par le fait qu’il n’y a normalement pas de contreparties contractuelles publicitaires au soutien du mécène. »

En deux mots, il s’agit donc d’une bonne action au service de tous. Mais quelle est réellement la situation en Belgique ?

La Fondation Roi Baudouin et Faro, son interface flamande culturelle ont tenté de faire le point lors de trois colloques sur le sujet en 2016 et début 2017.

Les chiffres sont éloquents, en Belgique, la protection du patrimoine et l’éducation à la culture ne constituent qu’1 % du secteur choisi par les donateurs, loin derrière le médical (29%), l’aide aux plus démunis ou à l’action humanitaire (21%).

Chiffres différents chez nos voisins français, où pour l’année 2015, 24 % des entreprises engagées dans le mécénat ont choisi la culture. Et 15% du budget global du mécénat est consacré à ce secteur. Cette tendance peut trouver des explications auprès de la loi du 1er août 2003 où une déduction fiscale de 60% du montant de leur don (dans la limite de 0,5% de leur chiffre d’affaires) s’applique pour les entreprises qui font des dons à des structures d’intérêt général. Vous l’aurez compris… cette mesure n’est pas en application chez nous.

Pour confirmer ce triste constat il suffit d’entreprendre des recherches sur le sujet sur internet.  Excepté Prométhéa, cas que j’aborderai un peu plus bas, les autres résultats de recherche se référent majoritairement à du mécénat culturel en France.

Dominique Allard, directeur à la Fondation tient tout de même à tempérer ces observations. Selon lui et même si les chiffres ne sont pas très encourageants, il y a tout de même de plus en plus d’acteurs engagés dans la philanthropie, tels les fondations privées, les amis des institutions… La fondation Roi Baudouin met par ailleurs des outils àdisposition des organisations qu’elle soutient pour favoriser les subsides (les fonds, les comptes à projets…).  Mais il est tout aussi crucial qu’il y ait des entreprises vers qui se tourner pour développer le mécénat culturel. Prométhéa est l’une de ses entreprises.  Cette structure a pour mission le développement du mécénat d’entreprise dans le domaine de la Culture et du Patrimoine. Principale référence en Belgique en matière de mécénat, Prométhéa favorise les échanges entre les différents acteurs du mécénat issus des mondes politique, économique et culturel et accompagne les entreprises dans leur stratégie de mécénat.

Les entreprises ont dès lors de réelles possibilités de mécénat en Belgique. Si le politique pouvait donner le dernier coup de pouce d’aide fiscale, c’est toute une économie qui en profiterait. Car comme dirait André Malraux,  «La culture… c’est ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers.».

Stéphanie Bliard-06.03.2017

Brafa – Foire d’antiquaire ou vitrine de l’art moderne et contemporain?

La Brafa vient de fermer ses portes et l’heure du bilan a déjà sonné.

Pendant près de dix jours, le public  a pu s’émerveiller devant des oeuvres de tous prix.

La richesse de cette foire se caractérise entre autres par la diversité des œuvres exposées et de la qualité des pièces présentées.

Au cours de son parcours, le visiteur peut s’enthousiasmer devant un Léon Spilliaert,s’arrêter devant les lueurs éblouissantes des bijoux de grandes maisons mais aussi observer un détail de marqueterie d’un meuble du XVIIIe.

Une véritable palette artistique mais ce qui est frappant, c’ est de constater d’années en années la prédominance des galeries modernes et contemporaines pour une foire qui depuis 62 éditions a su si bien défendre son image de foire d’antiquaires.

Rien que cette année, aux galeries plus contemporaines telles Abert Baronian, Meessen De Clercq et la Patinoire Royale, s’ajoutent les galeries de la Béraudière, Bernier/Eliades, Patrick de Brock, Rodolphe Janssen et Omer Tiroche.

Il est vrai qu’en observant sa grande soeur, la Tefaf à Maastricht, on peut y voir un pavillon entier dédié à l’art moderne et contemporain.

Cette tendance à l’ouverture aux galeries plus contemporaines s’explique par une nouvelle génération de collectionneurs. De plus en plus jeunes, les acheteurs ont une excellente connaissance de la pratique actuelle et moins de leurs pères. Le galeriste contemporain a dès lors tout à y gagner à avoir un stand placé entre d’autres qui abordent une autre période artistique. La force de la Brafa réside bien là : surprendre le visiteur et acheteur potentiel et l’inviter à découvrir des univers différents.

En tout cas, le président de la Brafa, Harold t’Kint de Roodenbeke, ne semble pas inquiet de ce phénomène et le rattache aux tendances du marché actuel.

En effet, en 2015 (les chiffres de 2016 sortiront mi-février), ArtPrice divise le marché selon ses chiffres: 9% de ventes par le marché ancien, 12% par les maïtres du XIXe siècle, 13% par le marché contemporain, 26%par le marché d’après-guerre et 40% par l’art moderne. L’on comprend dès lors le choix de la Brafa de s’ouvrir aux galeries plus modernes et contemporaines. Le marché de l’art contemporain a d’ailleurs fait un bon de 1370% en 16 ans avec une moyenne de 5,6% de rendement annuel (chiffres ArtPrice 2016).

Nous voilà donc rassurés, l’art contemporain a un bel avenir devant lui.

Stéphanie Bliard-23.01.2017